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Les Hauts de Malesherbes : pourquoi ont-ils fait cela ?
dans Paris, Urbanisme Mots-clefs :17e, Christian de Portzamparc, Hauts de Malesherbes, Logement
Rappelez-vous, c’était en juin 2004. Dans un nuage de poussières, deux géantes tombaient enfin, deux tours de la cité des 4000 étaient rasées, symboles d’un urbanisme d’après-guerre, depuis profondément remis en cause. Issue d’un débat profond sur l’impact de l’urbanisme sur le fonctionnement d’un quartier et sa cohésion sociale, la prise de conscience de nombreux architectes, mais également des élus et de l’ensemble de la société, a permis de remettre en cause une conception trop simpliste de l’architecture urbaine.
Dans le 17ème arrondissement, à l’époque où le Ministre du logement et de la cohésion sociale de l’époque, Jean-Louis Borloo, souhaitait voir émerger une nouvelle façon de conceptualiser un quartier et une ville, on inaugurait un ensemble d’immeubles, les Hauts de Malesherbes, dont l’emplacement, le standing et la publicité ne pouvaient laisser imaginer qu’il serait comparé plus tard à La Courneuve ou à Grigny.
Dans cet arrondissement huppé de la capitale, les affiches, montrant un parc ensoleillé entouré d’immeubles de conception moderne où jouaient sagement des enfants et se promenaient des couples enlacés, donnaient envie d’aller s’installer dans ce nouveau quartier dessiné sur une partie des anciens terrains de Pont-Cardinet de la SNCF. La promesse de voir rapidement s’installer des commerces dans cette zone située entre le boulevard Berthier et le boulevard périphérique enchantait même l’ensemble des habitants des rues voisines, soulagés de pouvoir avoir accès à des magasins à proximité de leur domicile. Surtout dans un quartier où les commerces avaient plus tendances à baisser le rideau qu’à s’installer. Mieux encore, les architectes semblaient avoir rivalisé de génie pour favoriser des designs innovants et des technologies d’avenir, dont le paroxysme a été atteint lors de la construction d’un mur végétal qui montre la prise en compte de la question écologique dans cette architecture moderne.
Pendant tout le temps de la construction de ces logements et l’installation des premiers occupants, on a pourtant ignoré quelques principes simples d’un urbanisme cohérent.
On a fait fi des difficultés d’accès à ce nouveau quartier : qu’importait, pensait-on, que les stations de métro, de RER ou de Transilien les plus proches soient à plus de dix minutes à pied, puisque le 94 et le 53 assuraient une desserte bus et que l’on avait ajouté une station au PC sur le boulevard Berthier ; qu’importait également que la Porte d’Asnières soit une des plus régulièrement encombrées de Paris, totalement bloquée plusieurs fois par semaine, puisque les habitants des Hauts de Malesherbes partant vers le nord de Paris pouvaient éviter une partie des embouteillages.
On a également fait fi de la non-intégration de cet ensemble d’immeubles dans le quartier et dans l’urbanisme existant. Que les rues de ce nouveau quartier ne soient pas dans le prolongement de rues plus anciennes, créant ainsi une continuité urbaine, ne semblait pas indispensable et que l’ensemble ressemble un peu à une cité isolée ne choquait apparemment personne.
Et puis le temps a passé, le quartier a cherché sa place dans l’environnement urbain. Et puis les premiers ascenseurs sont tombés en panne, quelques lumières dans les cages d’escalier n’ont pas été remplacées, les commerces promis ne se sont pas installés, rendant parfois délicat le ravitaillement des habitants. Et puis lassés par ces désagréments du quotidien, les premiers habitants, qui avaient été attirés par l’adresse prestigieuse et les promesses des promoteurs, ont fini par partir, les loyers ont commencé à baisser, de nouveaux occupants se sont installé, moins aisés. Et puis les premières dégradations sont apparus, œuvre des habitants ou œuvre de visiteurs, après tout, peu importe. Des lampadaires ont été brisés, des murs taggués, les rues se sont assombries, donnant de moins en moins envie aux habitants et aux étrangers de se déplacer dans le quartier.
Aujourd’hui, les Hauts de Malesherbes sont sur le point de devenir une véritable cité. Là où l’on aurait pu faire un exercice concret de cohésion sociale en mêlant des résidants aisés attirés par la proximité avec les quartiers huppés de Monceau ou de Villiers et des logements sociaux, si peu nombreux dans cet arrondissement de la capitale, on a créé un véritable ghetto. Architecturalement fermé sur lui-même, socialement isolé, géographiquement peu attirant, ce quartier est en train de devenir une cité-dortoir comme on en détruit en banlieue. Bien entendu, ce n’est pas de la baisse du niveau social des populations qui y habitent que nous nous offusquons. Ce qui est choquant c’est que la proximité de populations moins favorisés ne suscite pas d’échanges, car aucun habitant du quartier environnant n’a de bonne raison de se rendre à l’intérieur de ce ghetto. Pire même, les prix immobiliers des rues situées tout autour sont affectés par la dégradation du périmètre urbain.
Maintenant que le mal semble fait, les solutions ne sont pas nombreuses. Les erreurs commises en matière d’intégration urbaine de ce quartier dans l’existant ne sont pas vraiment rattrapables. Alors c’est en se préoccupant de l’intégration sociale des nouveaux venus que la dégradation pourra être résolue. Ainsi, en favorisant, à quelque prix que ce soit, l’ouverture de magasins à l’intérieur du quartier, les pouvoirs publics peuvent empêcher un isolement toujours plus grand des habitants. De même en assurant le bon fonctionnement des équipements urbains, ce quartier retrouvera l’attrait des premiers jours. Enfin, à l’heure où les discussions sur le Grand Paris montrent une volonté politique de réfléchir aux transports en commun sur l’ensemble de la région, la question d’une desserte à proximité de ce quartier pour favoriser son intégration pourrait être posée.
Mayeul L’HUILLIER
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bien dit Mayeul tout cela est helas vrai si seulement on pouvait ne pas refaire cet exemple sur lkes terrains CARDINET ce serait bien on peut esperer… Monique FABRE